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Réflexions géopolitiques : impact de l’invasion russe de l’Ukraine sur les dynamiques de l’Amérique latine et des Caraïbes

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14 mars 2024

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À la suite des diverses élections tenues en Amérique latine en 2022 et 2023 et des changements diplomatiques résultant des transitions gouvernementales, les relations interétatiques entre l’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) et les pays impliqués dans l’invasion de l’Ukraine ont été affectées à des degrés divers. Entre-temps, les effets économiques et politiques de la guerre ont produit un nouveau paysage géopolitique, tant pour les grandes puissances dont les intérêts ont été compromis par l’issue de la guerre que pour les régions plus périphériques et éloignées du conflit. Cette analyse de l’impact de l’invasion russe de l’Ukraine sur l’ALC vise à approfondir les positions des nouveaux gouvernements latino-américains et leurs dynamiques politiques, diplomatiques et militaires face à la guerre, en abordant trois aspects de la situation :

  1. le paysage électoral et son impact sur les relations diplomatiques et régionales avec l’Ukraine et la Russie ;
  2. les développements sur le champ de bataille ukrainien et leurs implications pour l’ALC ;
  3. les nouvelles dynamiques de sécurité dans l’Atlantique Sud découlant de l’invasion.

Introduction

Deux ans après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, les États latino-américains ont joué un rôle caractérisé par une neutralité constante concernant le soutien matériel à l’une ou l’autre partie. À cet égard, les résultats électoraux de 2023 en ALC ont eu certains effets sur les positions jusqu’alors adoptées par certains États de la région, que ce soit en soulignant leur intérêt pour la médiation du conflit, en apportant un soutien rhétorique et diplomatique à l’une des parties, ou simplement en agissant comme des acteurs plus actifs de la gouvernance mondiale.

Sur ce dernier point, il convient de souligner que l’invasion russe a marqué un tournant sur la voie d’un ordre international multipolaire ; avec des événements aussi importants que le différend commercial entre la Chine et les États-Unis (depuis 2018) et la pandémie de COVID-19, elle a engendré de nouveaux défis pour les gouvernements respectifs de l’ALC. Cela est dû à l’incertitude générée par la transition d’une puissance unipolaire vers différents centres de pouvoir mondial, tels que la Chine, la Russie ou l’Union européenne, pour n’en citer que quelques-uns, mais aussi aux effets contre-productifs sur les économies de la région. Sans aborder d’autres questions, il convient de souligner que la vulnérabilité à laquelle les États latino-américains ont été confrontés à la suite des événements susmentionnés et, en particulier, les effets de la guerre de la Russie contre l’Ukraine sur la sécurité alimentaire, la hausse des prix des carburants et l’inflation (Giordano y Michalczewsky , 2022) placent la région dans une position difficile lorsqu’il s’agit d’adopter une position plus concrète sur la guerre, également en raison de l’incertitude quant à son issue.

D’autre part, les dynamiques des acteurs impliqués dans l’invasion et la défense de l’Ukraine poussent la région latino-américaine à entreprendre certaines actions particulières ou collectives, que ce soit pour établir de nouveaux liens diplomatiques, renforcer ceux qui existent déjà ou manœuvrer à égale distance des États centraux. L’objectif est de veiller à ce que les intérêts autonomes de la région s’alignent sur l’Occident ou sur d’autres États contestant l’hégémonie mondiale dans ses dimensions politique, institutionnelle ou militaire (Levaggi, 2022).

Paysage électoral en ALC dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine

Les élections présidentielles de 2022 en Colombie et au Brésil, qui ont élu respectivement Gustavo Petro et Lula Da Silva présidents, ont coïncidé avec les gouvernements de centre-gauche d’Alberto Fernández en Argentine, de Gabriel Boric au Chili et de Manuel Obrador au Mexique, donnant naissance à ce que l’on pourrait appeler une nouvelle vague de gouvernements de gauche dans la région, ou la « vague rose », et avec elle la possibilité de forger une nouvelle approche de la politique régionale (Schuster, 2023). Néanmoins, malgré la possibilité d’une coordination entre des gouvernements idéologiquement similaires en réponse aux défis mondiaux et aux conflits actuels, les actions de chaque État sont devenues fragmentées face aux urgences mondiales telles que la pandémie de COVID-19 ou les hostilités russes contre l’Ukraine.

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Dans cette perspective, les récentes élections présidentielles en Argentine indiquent un changement d’orientation de la politique étrangère du pays, l’alignant sélectivement sur Washington et Bruxelles en ce qui concerne la guerre en Ukraine (Krasnolutska, 2023) (Niebieskikwiat, 2023). Cette situation marque une rupture dans les relations étroites entre Buenos Aires et Moscou, qui étaient favorables à la suite de l’aide apportée par l’État russe avec son vaccin Sputnik V et de la visite ultérieure de l’ancien président Alberto Fernández à Moscou (France 24, 2022).

Toutefois, le contexte actuel après l’investiture du président Milei en décembre 2023 est entièrement différent, marqué par un rapprochement croissant avec Kyiv et Washington au détriment des relations avec la Russie et les pays émergents tels que la Chine, comme en témoignent la visite du président Milei aux États-Unis et l’invitation ultérieure du président Zelenskyi à Buenos Aires pour l’investiture présidentielle (FRANCE 24, 2023). Il importe toutefois de comprendre que les relations du Kremlin avec la Casa Rosada (et avec d’autres gouvernements latino-américains) s’étaient déjà détériorées à mesure que le Kremlin perdait sa réputation d’État attaché au droit international dans le règlement des différends — un État qui cherche à saper l’ordre westphalien fondé sur le respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale tout en mettant en péril la sécurité alimentaire mondiale.

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Une photo symbolique : l’étreinte entre le président argentin et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors de l’investiture.

En conséquence de cette dernière évolution, les pays de l’ALC ont subi un impact particulièrement négatif en raison de la fragilité de leurs économies après la pandémie. Les effets inflationnistes, la menace d’une pénurie d’engrais et la hausse des prix des carburants constituaient des raisons suffisantes d’agir avec prudence à l’égard de l’invasion de l’Ukraine, afin de ne pas aggraver les effets néfastes sur l’économie ni creuser la distance entre Moscou et les gouvernements latino-américains.

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Pour cette raison, on aurait pu s’attendre à ce que la région ALC se joigne aux sanctions économiques imposées à Moscou afin d’éviter de nouvelles complications pour ses économies et de sauvegarder l’ordre démocratique-libéral ; toutefois, les pays de l’ALC ont adopté une position plus pragmatique envers l’invasion qui, quelle que soit leur affiliation à la droite ou à la gauche de l’échiquier postélectoral, donne la priorité à la préservation des relations avec Moscou et d’autres pays émergents tels que la Chine, dans un contexte d’insatisfaction à l’égard de l’ordre imposé par Washington et ses alliés en Amérique latine. Cette insatisfaction se reflète dans trois faits concrets :

  1. la solidarité limitée de l’Occident avec l’Amérique latine pendant la pandémie de COVID-19 (lorsque l’aide sanitaire apportée par la Russie, la Chine et l’Inde s’est distinguée dans des pays tels que l’Argentine, le Venezuela et le Pérou) (Blasco, 2021) ;
  2. la forte hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (FED) et son impact sur la dette et le commerce en ALC (Orgaz, 2022) ; et
  3. l’émergence de la Chine comme principal partenaire commercial d’une grande partie de l’Amérique latine et comme alternative aux conditions que l’Occident peut imposer au commerce régional (BBC News Mundo, 2023). 

Dans ce contexte, le paysage électoral à la suite des élections présidentielles de 2022 et 2023 en ce qui concerne la situation en Ukraine a été ambivalent. Si la condamnation de l’invasion russe à l’ONU a d’abord été presque universelle, les positions ont rapidement commencé à changer dans d’autres organismes multilatéraux. Par exemple, « l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Salvador et l’Uruguay n’ont pas signé la déclaration du 26 février 2022 de l’Organisation des États américains (OEA) condamnant l’invasion de la Russie. Les mêmes pays, avec le Mexique et le Honduras, se sont abstenus lors de la décision de suspendre la Russie en tant qu’État observateur permanent. Lors du sommet du Mercosur tenu le 21 juillet 2022, le Brésil s’est opposé à la participation par vidéoconférence du président ukrainien Volodymyr Zelenskyi (2019-à ce jour). Quelques jours plus tard, le 29 juillet, lors de la 15e Conférence des ministres de la Défense, les représentants de l’Argentine, du Mexique et du Brésil ont exprimé des réserves quant à leur compétence pour discuter de l’invasion et condamner les actions de la Russie, estimant que l’ONU devrait être responsable des questions de cette nature » (Marmeladova, 2023).

Ce qui précède souligne que, bien que le nouveau gouvernement argentin dirigé par Javier Milei cherche à s’aligner sur les États-Unis et leurs alliés en matière économique et diplomatique, et donc à participer plus activement en faveur de l’Ukraine, le reste de la région se montre plus prudent quant à l’issue de l’invasion. Cela s’explique par le fait que les États-Unis et l’Europe  ne font pas seulement preuve de contradictions dans leur respect de la souveraineté des autres États (Saltalamacchia y Silva Castañeda, 2023) et dans leur défense des droits humains dans d’autres conflits armés  (MacFarquhar, 2023), mais aussi parce qu’ils perdent de leur poids en tant que centre du capitalisme mondial, l’épicentre de la production mondiale et des flux de capitaux financiers (dont l’ALC est bénéficiaire par le financement et les prêts) se déplaçant vers le continent asiatique (Afonso, Quinet de Andrade Bas y Salgueiro Perobell, 2021). Il est donc essentiel de maintenir une diplomatie multilatérale, quel que soit le régime au pouvoir, car l’alignement sur les intérêts de Washington et de Bruxelles ne coïncide pas nécessairement avec les objectifs ou les besoins de l’ALC.

Évolutions sur le champ de bataille et leur importance géopolitique

La propagande des médias russes visant à légitimer l’invasion, ainsi que les efforts des médias occidentaux pour fournir des informations véridiques sur la guerre, engendrent une incertitude quant aux issues possibles de l’invasion russe. À ce stade, les principaux développements sur le front se produisent en dehors du champ de bataille, plus précisément en lien avec deux évolutions très importantes : la difficulté de financer les efforts de l’Ukraine pour faire face à Moscou et le conflit déclenché entre Israël et le Hamas.

En ce qui concerne la première situation, les difficiles négociations entre l’administration du président Biden et le Parti républicain au Congrès américain concernant le déblocage de fonds supplémentaires pour Kyiv (Liptak, Saenz y Lee, 2023) posent un problème pour la poursuite de la défense du reste du territoire ukrainien et la récupération des terres envahies, car il n’existe aucune certitude quant au type de soutien que l’Ukraine recevra de ses partenaires.

En conséquence, la région latino-américaine revêt peu d’importance, ne disposant ni de la volonté de participer activement au nom de l’une ou l’autre partie ni d’atouts politiques ou diplomatiques substantiels pour agir en tant qu’acteur disposant d’un droit de veto sur la scène mondiale. Ainsi, incapable de faire avancer ses intérêts dans l’ordre géopolitique, elle approfondira son rôle de spectatrice, se limitant à des aspects spécifiques tels que l’aide humanitaire ou l’accueil de réfugiés victimes de la guerre.

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Source : MIRIAM ALSTER / POOL

D’autre part, le conflit déclenché entre Israël et le Hamas place l’Occident dans une situation difficile, car il devrait apporter son soutien sur deux fronts susceptibles de s’intensifier de manière disproportionnée à tout moment.

Dans ce scénario, les pays de la région latino-américaine sont encore moins coordonnés pour s’aligner sur les intérêts défendus par l’Occident sur les deux fronts, compte tenu des violations des droits humains dans la bande de Gaza (MacFarquhar, 2023), de l’incertitude quant au soutien des États-Unis à l’Ukraine (en raison du veto républicain au Congrès, du coût pour l’administration Biden de soutenir deux fronts à la fois, ou d’une nouvelle orientation du prochain gouvernement américain) (Liptak, Saenz y Lee, 2023) et, enfin, parce que le soutien matériel de l’Amérique latine dans les deux conflits signifierait en soi la poursuite des effets contre-productifs sur l’économie régionale.

Jusqu’à présent, les perspectives sur le champ de bataille, tant en Ukraine qu’en Israël, sont incertaines pour la région latino-américaine, ce qui confère à la neutralité une place prédominante en tant que position diplomatique et politique, tout en laissant ouverte la possibilité de participer à des négociations de paix ou d’accueillir des réfugiés de guerre.

Ce qui est clair, toutefois, c’est que tandis que l’Occident soutient financièrement et logistiquement les deux fronts de bataille, l’Amérique latine accorde la priorité à des questions plus urgentes, telles que la réduction des niveaux de pauvreté, la lutte contre la criminalité urbaine, la recherche d’une solution à sa crise actuelle de la dette, l’endiguement de la forte inflation et la relance de son économie nationale. Cela conduit la région ALC à rester tournée vers elle-même, cherchant à résoudre ses propres problèmes avant de pouvoir devenir un acteur pertinent de la gouvernance mondiale.

Dynamiques de sécurité dans l’Atlantique Sud à la suite de l’agression russe

L’Atlantique Sud est caractérisé comme une zone de paix depuis trois décennies, la guerre des Malouines de 1983 étant son conflit le plus récent. Depuis lors, l’intégration économique et politique de la région sud-américaine a entretenu une « paix positive » (Levaggi, 2022), c’est-à-dire un espace où la probabilité de conflit est faible en raison des liens établis et consolidés par les États les plus influents de la région, en l’occurrence l’Argentine et le Brésil.

Cette stabilité régionale, dans ses espaces tant maritimes que continentaux, se caractérise par l’absence de conflits majeurs entre les États membres. Elle a permis d’expérimenter différentes formes d’intégration régionale institutionnalisée, certaines plus réussies que d’autres, tout en maintenant le principe selon lequel la région latino-américaine devrait être une zone de paix, que ce soit par le respect sans restriction de la souveraineté territoriale ou par l’adhésion au droit international dans le règlement des différends. Mais il faut se demander : d’où pourrait venir une menace pour la stabilité régionale en ALC ?

Bien que les caractéristiques de l’Atlantique Nord diffèrent de celles de l’Atlantique Sud, notamment en raison du dynamisme économique et politique lié à une proximité croissante avec la sphère d’influence des États-Unis, aucune des deux zones n’a connu de conflits armés de grande ampleur entre les États qui composent les Amériques, du moins dans l’histoire récente. D’autre part, le maintien de l’ALC comme sphère d’influence des États-Unis a fait que les différends mondiaux dans des contextes tels que la guerre froide se sont joués dans certains territoires de l’ALC, par exemple le cas de Cuba et l’embargo qui lui a été imposé (ONU, 2022).

Si la chute de l’Union soviétique a entraîné une perte drastique de l’influence russe en ALC, donnant naissance à un ordre international unipolaire et faisant des États-Unis le principal hégémon de la région, cette situation a recommencé à changer après près de 30 ans d’hégémonie. Le statut dont jouissaient autrefois les États-Unis est remis en cause par l’ascension de la Chine comme principal partenaire commercial de presque toutes les économies latino-américaines (Afonso, Quinet de Andrade Bas y Salgueiro Perobell, 2021) et par les liens diplomatiques et économiques tissés avec la Russie de Poutine, devenue un partenaire stratégique pertinent — bien que de plus en plus difficile à soutenir en raison de son invasion de l’Ukraine — pour certains États latino-américains, notamment l’Argentine, le Venezuela, la Bolivie et surtout le Brésil. En tant que membre du grand groupe multilatéral des BRICS, le Brésil occupe une place notable.

En définitive, si la région latino-américaine est restée en dehors des conflits de grande ampleur entre les grandes puissances, cela tient à son influence limitée dans l’ordre international pour imposer collectivement ses propres intérêts, à son éloignement géographique des grands centres de pouvoir et des guerres qui naissent dans leurs sphères d’influence, ainsi qu’au fait que certains États latino-américains ont maintenu une diplomatie autonome face aux conflits apparus au cours des cinquante dernières années.

Ainsi, la probabilité que l’invasion russe de l’Ukraine affecte directement le continent sur le plan militaire découlerait principalement d’un conflit entre sphères d’influence, dans lequel les grandes puissances disposeraient d’une présence militaire et d’une raison pour que l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud deviennent des zones disputées.

Enfin, bien que la concurrence entre les États-Unis et la Chine ait des répercussions indirectes dans la région par le biais de « guerres commerciales », rien n’indique que cette situation s’intensifiera sur le plan militaire, du moins dans la région ALC. À cela s’ajoute le fait que l’invasion de l’Ukraine a coûté à Moscou une grande part de sa réputation d’État respectueux de la souveraineté des autres États ; par conséquent, la région ALC a refroidi ses relations avec le Kremlin, tant en raison des effets néfastes sur l’économie que de l’incursion violente en Ukraine et de ses conséquences pour le maintien de la sécurité internationale.

Conclusions

On peut observer que la position de neutralité à l’égard de l’invasion russe n’a été rompue que par le nouveau gouvernement argentin qui, compte tenu de la transition qu’il traverse, ne peut être considéré comme ayant participé matériellement à la guerre au-delà des gestes symboliques entourant la visite de Zelenskyi à Buenos Aires. Il ne reste ainsi qu’une poignée de pays — le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie et Cuba — comme principaux sympathisants du Kremlin, mais ils n’ont pas de poids substantiel dans les décisions de la région et de ses institutions multilatérales.

De même, les autres pays de la région, bien qu’ils partagent les mêmes valeurs westphaliennes d’intégrité territoriale et de respect de la souveraineté de chaque État et qu’ils défendent des systèmes démocratiques dans leurs pays respectifs, laissent prévaloir les intérêts étatiques lorsqu’ils évitent de s’aligner sur l’Occident ou la Russie pour des raisons idéologiques. L’autonomie de leur politique étrangère et leur faible poids dans la gouvernance mondiale les rendent plus prudents quant à l’adoption précoce de positions sur l’invasion. Cela revêt une valeur considérable, car le multilatéralisme peut aider à diversifier les investissements et les échanges commerciaux de l’ALC, plutôt que de l’enfermer dans un isolement fondé sur des valeurs, où l’Occident — et plus particulièrement des organisations telles que le G7 — n’a pas apporté de bénéfices majeurs à l’Amérique latine en matière d’amélioration des conditions de vie de ses citoyens.

Enfin, sur le plan militaire, il est peu probable que l’ALC soit impliquée. La véritable menace pour la stabilité régionale est l’adoption de positions similaires à celles de la Russie consistant à revendiquer puis à modifier des frontières par des moyens militaires, sans recourir d’abord aux principes du droit international et au règlement pacifique des différends. En ce sens, la sécurité mondiale est compromise à mesure que les centres de pouvoir se dispersent et reproduisent la même conduite belliqueuse que les pays centraux afin d’affirmer leurs intérêts, ce qui mettra à l’épreuve l’ALC en tant que zone de paix.


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Ce texte a été traduit automatiquement à partir de l'original anglais, qui reste accessible en passant le site en anglais.