L’impact de la guerre sur l’environnement 

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mai 16, 2022

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 Depuis le 24 février, date du début de la guerre russe à grande échelle contre l’Ukraine, Ecoaction assure le suivi des cas de potentielles atteintes à l’environnement causées par l’agression russe. L’objectif de ce travail est de rendre compte des effets potentiels de la guerre sur l’environnement et la population d’Ukraine, et d’aider les autorités ukrainiennes à recueillir des faits qui serviront à obtenir devant les tribunaux internationaux une indemnisation (réparation) de la part de la Russie pour les dommages infligés. Les crimes contre l’environnement relèvent des crimes de guerre. Selon la Convention de Genève, « il est interdit d’employer des méthodes ou moyens de guerre qui sont destinés à causer, ou dont on peut attendre qu’ils causent, des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel ».

Une enquête approfondie devra avoir lieu après la cessation des activités militaires. Pourtant, dès à présent, l’Inspection nationale ukrainienne de l’environnement a estimé les dommages liés à la contamination des sols à pas moins de 77 millions USD, tandis qu’ Ecoaction a déjà recensé plus de 200 cas susceptibles de causer de graves dommages à l’environnement. 

La plupart de ces cas se sont produits dans les régions de Kyiv, Kharkiv et Louhansk, ainsi que dans le sud de l’Ukraine, mais toutes les parties de l’Ukraine, y compris la région occidentale, sont affectées par les occupants. Des centrales nucléaires, ports maritimes, installations de stockage de déchets dangereux (engrais minéraux, mousse de polyuréthane, peinture, pétrole, lubrifiants, etc.) et entreprises industrielles, y compris des usines chimiques et métallurgiques, se trouvent désormais dans la zone des hostilités actives. De nombreux incendies dans des dépôts pétroliers, stations-service, décharges et installations de chauffage et d’approvisionnement en eau endommagées ont été recensés ; nous examinerons ci-dessous les conséquences les plus graves de la guerre sur l’environnement. 

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Menaces pour la sûreté nucléaire et radiologique

L’annonce de la prise des centrales nucléaires de Tchornobyl et de Zaporijjia a secoué le monde. Le dépassement des niveaux de contrôle du débit de dose de rayonnement gamma dans la zone d’exclusion de Tchornobyl a été enregistré en raison du déplacement d’équipements militaires russes lourds et du rejet dans l’air de poussières radioactives contaminées. La centrale nucléaire de Tchornobyl a été occupée pendant plus d’un mois et, durant cette période, les occupants ont retenu le personnel de la centrale en otage et endommagé une ligne à haute tension qui alimentait en électricité le refroidissement du combustible nucléaire usé. Le manque d’électricité aurait pu provoquer une hausse de la température dans les piscines de combustible usé, libérant potentiellement des substances radioactives dans l’environnement et menaçant la sûreté nucléaire de toute l’Europe. Heureusement, les experts ukrainiens ont réussi à réparer la ligne électrique et, le 31 mars, l’ Agence d’État d’Ukraine pour la gestion de la zone d’exclusion a indiqué que les occupants avaient quitté la zone de Tchornobyl. 

Toutefois, le terrorisme nucléaire russe se poursuit, puisque la centrale nucléaire de Zaporijjia, où les Russes ont fait exploser des munitions le 14 mars et endommagé la ligne électrique, est toujours occupée. Cette centrale est devenue la première centrale nucléaire au monde à être prise pour cible par des chars. Les missiles de croisière russes qui sont passés extrêmement près de la centrale nucléaire de Khmelnytsky le 16 mars, de celle de Pivdennoukrainsk le 25 mars et de celle de Zaporijjia le 26 mars constituent toujours un danger particulier pour la sûreté nucléaire. 

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Les images satellites montrent que de petits feux de végétation font actuellement rage dans des zones sauvages, notamment dans la zone de Tchornobyl.

Explosions dans les dépôts pétroliers et entrepôts de carburant

Depuis les premiers jours de la guerre à grande échelle, l’agression russe vise la destruction des entrepôts de carburant, ce qui peut provoquer une énorme pollution de l’air. Au total, près de 30 cas d’incendie de dépôts pétroliers et de réservoirs de produits pétroliers ont été recensés. Les 27 février et 12 mars 2022, le dépôt pétrolier du village de Kryachky, près de Kyiv, a explosé après une attaque de missiles, et 10 réservoirs contenant 2000m3 de pétrole et de diesel ont pris feu. Les dommages environnementaux sont estimés à $25bl. Des cas similaires se sont produits à Okhtyrka, Louhansk, Tchernihiv, Jytomyr et Chernyakhiv, ainsi que dans de nombreux autres endroits en Ukraine. La combustion de produits pétroliers due aux incendies et aux bombardements pollue l’air et menace directement non seulement l’environnement, mais aussi la santé humaine, car les produits de combustion contiennent des gaz toxiques et des particules. 

Selon le ministère ukrainien de l’Écologie et des Ressources naturelles, pendant les hostilités sur le territoire de l’Ukraine, le volume des émissions de polluants dans l’atmosphère peut déjà être assimilé au volume émis par une seule usine métallurgique pendant toute une année.

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Attaques contre les infrastructures et les installations industrielles

Les bombardements et l’occupation accroissent le risque de rejets de déchets toxiques par les installations industrielles en Ukraine. À ce jour, le Registre national des installations potentiellement dangereuses contient des informations sur plus de 23 000 installations, dont 2 987 entrepôts stockant des pesticides hautement toxiques. Le plus grand nombre de ces installations est concentré dans les régions de Donetsk, Dnipropetrovsk, Zaporijjia, Kharkiv et Lviv. Certaines de ces installations se trouvent dans la zone des opérations militaires. 

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De nombreux cas d’installations industrielles prises pour cible par les Russes ont été recensés. Cela a entraîné des incendies ainsi qu’une pollution supplémentaire de l’air, des sols et de l’eau. Le 21 mars, dans l’usine chimique Sumykhimprom située près de Soumy, de l’ammoniac s’est échappé à la suite de bombardements, affectant gravement le village voisin. Dans la région de Donetsk, de nombreux bombardements et frappes aériennes contre l’usine d’engrais azotés de Sievierodonetsk et l’usine de coke et de produits chimiques d’Avdiivka ont été observés, ainsi que contre le combinat métallurgique Azovstal à Marioupol, que les Russes détruisent délibérément au moyen de bombes lourdes et de munitions interdites.

Des cas de graves incendies dus au bombardement d’entrepôts d’engrais, de peintures, de vernis, etc. ont également été recensés. Par exemple, le 3 mars, dans le village de Chaiky près de Kyiv, un missile a frappé un entrepôt de caoutchouc mousse, provoquant un incendie. Les produits issus de la combustion du caoutchouc mousse empoisonnent tant les humains que les animaux et peuvent aussi provoquer des pluies acides. À Roubijné (région de Louhansk), des missiles russes ont frappé à deux reprises des réservoirs contenant de l’acide ammoniacal, libérant des polluants dans l’air. 

Pollution directement causée par les hostilités

Les activités militaires elles-mêmes ne sont pas moins dangereuses. Le carburant déversé, les équipements détruits, les armes utilisées et les missiles ayant explosé contaminent tous les sols et les eaux souterraines par des substances chimiques et des métaux lourds. Même après la guerre, l’élimination de certains effets environnementaux prendra des années.

More than 2000 Russian missiles have been launched on Ukraine. According to the Service national des situations d’urgence d’Ukraine, from February 24 to May 3, 2022, over 90,000 explosive devices and 583.4 kg of explosives, including 1,964 aviation bombs, were neutralized in Ukraine. 

Les missiles explosés et les armes d’artillerie contiennent divers composés chimiques : monoxyde et dioxyde de carbone, vapeur d’eau, monoxyde d’azote (NO), dioxyde d’azote (NO2), protoxyde d’azote (N2O), formaldéhyde, vapeur de cyanure d’hydrogène (HCN), azote (N2) et quantité de substances organiques toxiques. Les fragments métalliques des obus ne sont pas non plus totalement sûrs pour l’environnement. La fonte mélangée à de l’acier est le matériau le plus courant pour les corps de munitions et contient non seulement le fer et le carbone habituels, mais aussi du soufre et du cuivre. 

À plus petite échelle, la pollution peut aussi être causée par des chars, véhicules, avions et autres vestiges de guerre en feu. De nombreux messages provenant de Kramatorsk, Roubijné, Houliaïpole, etc., indiquent également que les Russes ont utilisé des bombes au phosphore interdites par la Convention de Genève. Le phosphore blanc peut causer non seulement des blessures horribles, mais représente aussi une menace pour l’environnement en polluant fortement les sols et l’eau.

Dommages aux zones protégées et aux écosystèmes vulnérables

Les troupes russes provoquent des catastrophes technologiques et environnementales. Elles détruisent des zones naturelles qui servent d’habitat à des espèces rares. Les estimations préliminaires du ministère ukrainien de l’Écologie et des Ressources naturelles révèlent que la Russie mène des hostilités sur 900 sites de réserves naturelles couvrant environ 1,2 million d’hectares. Selon le Groupe ukrainien de conservation de la nature, 44 % des territoires naturels protégés les plus précieux sont soit touchés par la guerre, soit sous le contrôle temporaire des envahisseurs russes. 

Environ 200 zones (2.9 mln ha) du Réseau Émeraude sont menacées. Le Réseau Émeraude comprend des zones de conservation créées pour préserver les espèces et les habitats nécessitant une protection dans l’ensemble des pays européens hors UE. Ces territoires sont essentiels à la protection de la biodiversité et du climat. Certaines espèces et habitats rares et endémiques se trouvent au cœur des combats, ce qui met en danger leur survie même : steppes non labourées, pentes crayeuses de la région de Donetsk, habitats côtiers des zones méridionales et marais du nord. 

La guerre affecte également les animaux, dont beaucoup se reproduisent au printemps dans les régions où les combats ont actuellement lieu. En outre, les ornithologues soulignent les effets importants de la guerre sur les oiseaux – trois grandes voies de migration des oiseaux traversent tout le territoire de l’Ukraine. Ces lieux sont extrêmement importants pour que les oiseaux migrateurs puissent se nourrir et se reposer ; ils doivent donc être préservés. La plupart de ces couloirs se situent désormais au-dessus des zones de guerre. Cela peut perturber les oiseaux et les épuiser en les obligeant à modifier leurs itinéraires ou en leur faisant perdre des lieux de repos, tout en provoquant des morts directes dues aux tirs et aux bombardements.  

Pollution des ressources en eau

La guerre entraîne directement ou indirectement une pollution des ressources en eau, déjà très limitées en raison du changement climatique et de la demande croissante. La destruction d’infrastructures et d’installations industrielles peut entraîner le rejet de polluants dans les masses d’eau, tandis que les installations de traitement et les stations de pompage détruites ne peuvent plus purifier l’eau ni approvisionner correctement les Ukrainiens en eau.

Par exemple, le 14 mars, la Russie a bombardé des stations d’épuration dans la région de Zaporijjia, détruisant la station de pompage qui répartit les eaux usées de Vasylivka entre les installations ; ces eaux s’écoulent donc désormais directement dans le Dnipro sans aucun filtrage. Elles peuvent contenir des substances organiques, des bactéries pathogènes, des sulfates et des chlorures susceptibles de provoquer une prolifération massive d’algues dans le Dnipro et la mer Noire lorsque le temps se réchauffera. 

En outre, la pollution de la rivière Ikva, dans la région de Rivne, a été constatée après que des débris de missiles russes ont frappé des réservoirs d’engrais. La concentration d’ammonium est 163 fois supérieure à la norme. Une mortalité piscicole est observée et il est interdit aux habitants des villages voisins d’utiliser l’eau. 

Nature and war: how russian invasion destroys Ukrainian wildlife

Des processus irréversibles de salinisation des sols et de pollution de l’eau sont également liés à l’inondation incontrôlée des mines de charbon dans l’est de l’Ukraine. Ce problème n’est pas nouveau dans la région, mais il s’est récemment transformé en catastrophe environnementale. On sait actuellement que les mines souterraines de Zolote, Toshkivska, Carbonit et Horna, dans la région de Louhansk, sont inondées. Les eaux de mine non traitées peuvent se mélanger aux eaux souterraines et empoisonner le bassin du Siversky Donets.

Impact sur les écosystèmes marins

Les actions militaires se déroulent non seulement sur les terres ukrainiennes, mais aussi dans la mer Noire et la mer d’Azov. Les troupes russes hostiles attaquent les infrastructures portuaires et les navires ancrés le long de la côte, utilisent leurs navires et sous-marins pour bombarder les villes ukrainiennes, bloquent les ports et minent la mer, provoquant la pollution de l’eau et le rejet de substances toxiques dans la mer. Les batailles navales se terminent par des incendies et le naufrage de navires, d’avions et d’hélicoptères, entraînant des fuites de pétrole directement en mer. Le 26 février, deux missiles russes ont frappé le bunker civil « Millennial Spirit », qui transportait à bord 600 tonnes de pétrole et de diesel, et provoqué un énorme incendie. Le 3 mars, deux missiles russes ont coulé le navire marchand « Helt », battant pavillon panaméen. Après l’explosion, le navire a sombré. L’impact environnemental de l’accident doit encore être évalué.

Tous les composants du pétrole sont toxiques pour la vie marine. Les produits pétroliers nuisent à la biocénose marine en formant des films huileux à la surface de l’eau et en perturbant les échanges d’énergie, de chaleur, d’humidité et de gaz entre la mer et l’atmosphère. De plus, ils affectent directement la physicochimie et les conditions hydrologiques du milieu marin, tuant les poissons, les oiseaux marins et les micro-organismes. 

En outre, la guerre elle-même affecte négativement la vie marine. Les explosions, les bombardements, les mines flottantes et l’utilisation de sonars sont extrêmement nocifs pour les mammifères marins. À la fin avril, dans la réserve Tuzlivski Lymany (région d’Odesa), des scientifiques ont observé des dauphins qui sont très probablement morts à cause des hostilités et de l’utilisation des sonars.

Une évaluation complète des dommages ne sera possible qu’après la fin des hostilités actives. Toutefois, les Ukrainiens et les habitants des pays voisins subiront les conséquences de cette guerre pendant des années. Il est donc vital d’arrêter la guerre dès que possible. La Russie doit payer pour la destruction des entreprises et infrastructures ukrainiennes ainsi que pour tous les crimes contre l’humanité, y compris ceux commis contre l’environnement.

Ce texte a été traduit automatiquement à partir de l’original anglais, qui reste accessible en passant le site en anglais.